laisser passer le temps.





I g o t o t h e f u t u r e.

Ω




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# Posté le dimanche 22 mars 2009 15:24

Ab jove principium.

Ab jove principium.

"Dites-moi si l'homme qui se hait soi-même est capable d'aimer autrui, si celui qui se combat soi-même peut s'entendre avec quelqu'un, si celui qui est à charge de soi même peut être agréable à un autre. Pour le prétendre, il faudrait être plus fou que moi. Eh bien, s'il on me chassait de la société, nul ne pourrait un instant supporter ses semblables, chacun même se prendrait en dégoût et en haine.
La Nature, souvent plus marâtre que mère, a semé dans l'esprit des hommes, pour peu qu'ils soient intelligents, le mécontentement de soi et l'admiration d'autrui. Ces dispositions assombrissent l'existence; elle y perd tous ses avantages, ses grâces et son charme. A quoi sert en effet, la beauté, présent suprême des Immortels, si elle vient à se flétrir ? A quoi bon la jeunesse, si on la laisse corrompre par un ennui sénile ? Dans toutes tes actions, le premier principe que tu dois observer est la bienséance; tu ne t'y tiendras envers toi-même, comme envers les autres, que grâce à cette heureuse Philautie, qui me sert de s½ur, puisque partout elle collabore avec moi. Mais aussi comment paraître avec grâce, charme et succès, si l'on se sent mécontent de soi ? Supprimez ce sel de la vie, aussitôt l'orateur se refroidit dans son discours, la mélodie du musicien ennuie, le jeu de l'acteur est sifflé, on rit du poète et de ses Muses, le peintre se morfond sur son tableau et le médecin meurt de faim avec ses drogues. Le beau Norée ressemble à Thersite, le jeune Phaon à Nestor, Minerve à une truie, le brillant parleur s'exprime comme un petit enfant, le citadin comme un rustaud.
Tant il est nécessaire que chacun se complaise en soi-même et s'applaudisse le premier pour se faire applaudir des autres ! "



Érasme-Éloge de la folie, XXII.

# Posté le dimanche 11 janvier 2009 07:12

Modifié le dimanche 11 janvier 2009 07:36

"Ce qu'on fait n'est jamais compris mais seulement loué ou blâmé". (Frédérich Nietzsche)

 "Ce qu'on fait n'est jamais compris mais seulement loué ou blâmé". (Frédérich Nietzsche)
J'aimerais apprendre à jouer du piano. Et puis en levant les yeux au ciel, pouvoir dire "c'est pas vrai". J'aimerais marcher pieds nus dans la neige sans avoir froid. Ne plus jamais avoir froid. Et puis croire qu'une autre Terre existe.
Mais on se plaint. On se plaint, et on ne fait rien pour changer les choses. Un nouveau Mai 68 ne ferait que naître la haine. On a besoin d'un état décentralisé, d'un terrain nouveau, plus intime, des dirigeants plus proches du peuple. On a besoin de nouveaux dirigeants. Pas de ceux qui sortent de normale sup' ou de l'ENA, oh non. On a besoin de ceux qui sont proches de nous. On a besoin de nous. Mon voisin pourrait être ministre des arbres et ma prof d'histoire ministre des femmes ; une autre ministre de la culture.
C'est en faisant des erreurs que l'on apprend. Mais tant d'erreurs commises ! Ils devraient commencer à être doués, maintenant. C'est pas une révolution avec des armes qui nous faut. On a juste besoin d'une nouvelle vision des choses et d'idées. Si on s'aide, si on apprend à aimer notre prochain et ce gérer soi-même, on n'a plus besoin de toutes ces choses inutiles. C'est comme grandir. Quand on grandit, on a plus besoin de notre sac d'école, de nos poupées et de nos petites voitures. On garde juste le piano.


Anarchiste ?
- peut-être. Apprends-en
le sens réel et ne te fais
pas d'illusions.

# Posté le dimanche 14 décembre 2008 12:09

"Personne n'est né pour finir raisonable, pour se satisfaire d'un abrégé de bonheur. Quelle truanderie, l'âge adulte !" (Les Coloriés, A.Jardin.)

"Personne n'est né pour finir raisonable, pour se satisfaire d'un abrégé de bonheur. Quelle truanderie, l'âge adulte !" (Les Coloriés, A.Jardin.)

Première toile (pas loupée).
La première clé, gouache,
acrylique et blanc correcteur. 24x30 cm.










Je suis banale.
Et c'est bien le problème.











Par là, un vrai blog de grands, tu vois. Comme ça, jpeux me la péter et faire moi même ma bannière !

# Posté le mardi 04 novembre 2008 11:47

Modifié le samedi 06 décembre 2008 05:50

"La salle de classe est la partie de l'école réservée aux exercices scolaires. A proprement parler, on peut dire qu'elle est l'école même. C'est là en effet que les enfants commencent à vivre de la vie intellectuelle et morale, qu'ils puisent leurs premières connaissances, qu'ils reçoivent leurs premières impressions, qu'ils prennent ces habitudes d'ordre, de respect, de travail réfléchi, auxquelles l'école est particulièrement chargée de les former. "

   "La salle de classe est la partie de l'école réservée aux exercices scolaires. A proprement parler, on peut dire qu'elle est l'école même. C'est là en effet que les enfants commencent à vivre de la vie intellectuelle et morale, qu'ils puisent leurs premières connaissances, qu'ils reçoivent leurs premières impressions, qu'ils prennent ces habitudes d'ordre, de respect, de travail réfléchi, auxquelles l'école est particulièrement chargée de les former. "
Les gars, c'est les vacances !


"De toutes ces larmes que je n'ai pas versées quand je faisais front, je faisais bloc, je faisais face : seule devant ma classe je n'avais pas d'autre choix que d'être blindée pour rendre « coup pour coup » - en faisant en sorte qu'au coup de gueule réponde un coup de maître, qu'au coup de sang réponde un coup de main, qu'au coup bas réponde un coup de pouce. L'effort d'abnégation, cette manière de se hisser toujours au dessus de soi et des pentes de la pulsion et de l'émotion est d'une exigence folle, exténuante, improbable (on n'y arrive pas toujours) mais il est essentiel au geste pédagogique. Au passage, il comprime à l'intérieur du pédagogue une foultitude de ressentis inexprimables, qui finissent par faire une sacrée pelote d'amour, de chagrin et de colère qu'on roule en boule au fond de soi. C'est cette boule-là qui a explosé pendant que je regardais le film.

Boule d'amour : ces bouilles de loulous, leurs sourires éblouissants, cette enfance en eux qui continue de miroiter sous les ombres dures de l'ingrate adolescence, leur énergie inusable et les moments de grâce qui leur fait débusquer une vérité explosive dans une remarque candide, tout ça, oui, je l'ai aimé, je l'aime encore, dans une sensation viscérale qui peut faire mal aux tripes. Les miens étaient un peu plus âgés (et beaucoup plus nombreux) ça ne change pas grand chose : il reste de cette enfance, de cette énergie et de cette candeur jusque tard dans la vie.
Boule de chagrin : les loulous échouent, souvent, se trompent, s'égarent, se fourvoient, ils sont faibles, s'enfoncent dans des impasses bien qu'on leur ait montré le panneau « voie sans issue », ils persistent, se cognent aux murs, ils ont mal, ils ont honte, ils sont humiliés, ils recommencent encore, leurs efforts triomphent parfois mais pour de si petits progrès, comparé au chemin qui reste à faire et au monde qui les attend.
Boule de colère : toute cette adversité dont ils ont à triompher dans les murs de l'école se déploie hors les murs de l'école sans qu'on n'y puisse rien. Ce qui est terrible dans le film, c'est tout son hors champ. Hors champ géographique, où l'on devine le quartier sans guère de mixité sociale, faisant voisiner les pauvres et les misérables, les chômeurs et les travailleurs pauvres, les déçus et les désespérés : l'école n'a pas de prise sur tout ça qui lui arrive pourtant en pleine poire, dans ses murs, qu'elle doit tenter de désamorcer alors qu'au fond, ce tout ça du dehors invalide, purement et simplement, le projet qu'elle se donne. Nos élèves n'y croient pas, à l'école émancipatrice, au savoir libérateur, à la culture citoyenne, édifiante. Parce qu'ils ont des yeux pour voir ce qui se passe en dehors de l'école, qui dément tout ce que l'école dit."



à propos de Entre les murs, par Judith Bernard

# Posté le samedi 25 octobre 2008 12:05

Modifié le samedi 25 octobre 2008 12:19